FULL MOON
La Lune nous fait-elle vraiment perdre la tête ?
Il suffit d’une pleine lune pour que l’humanité perde un peu de son sérieux.
Depuis des siècles, on lui attribue des naissances plus nombreuses, des nuits agitées, des crimes, des métamorphoses, des insomnies, des élans amoureux et quelques comportements que la décence nous interdit probablement de détailler ici.
La science est nettement moins catégorique.
Mais culturellement, le verdict est sans appel : la pleine lune nous fascine.
De la Lune à la folie
Le lien entre Lune et comportement est tellement ancien qu’il s’est glissé jusque dans notre vocabulaire.
Le mot anglais lunatic, par exemple, vient du latin luna. Pendant longtemps, différentes cultures ont associé les phases lunaires aux changements d’humeur, à la fertilité, au sommeil ou à certaines formes de folie.
Aujourd’hui, les études scientifiques ne permettent pas d’affirmer sérieusement qu’une pleine lune transforme soudain des adultes raisonnables en créatures incontrôlables.
Ce qui est presque dommage.
Mais notre imaginaire, lui, n’a jamais demandé l’autorisation aux scientifiques.
La Lune, muse très peu sage
Les artistes l’ont parfaitement compris.
Chez les romantiques, elle éclaire les paysages, les amants et les promenades nocturnes. Chez Van Gogh, elle participe à cette nuit presque vivante de La Nuit étoilée. Au cinéma, Méliès lui plante joyeusement une fusée dans l’œil dès 1902.
Puis arrivent les loups-garous, les vampires, les pochettes de disques, la photographie de mode, le cinéma fantastique et toute une culture populaire dans laquelle la pleine lune devient le décor idéal de ce qui ne pourrait probablement pas se produire à quinze heures sous l’éclairage d’un supermarché.
Car la Lune possède un avantage considérable sur le Soleil :
elle éclaire suffisamment pour voir, mais pas assez pour tout montrer.
Et en matière de désir, c’est une qualité remarquable.
Pourquoi la nuit change-t-elle nos comportements ?
La véritable responsable est peut-être moins la Lune que la nuit elle-même.
Lorsque les obligations de la journée disparaissent, les codes sociaux se relâchent. On change de vêtements, de lieux, de musique, parfois de comportement. L’anonymat relatif de la nuit et l’atmosphère des lieux festifs nous autorisent à explorer des facettes que le quotidien laisse moins facilement apparaître.
C’est tout le paradoxe de la nuit : nous voyons moins bien les autres, mais nous nous permettons parfois d’être davantage nous-mêmes.
Les clubs, les bals, les cabarets et plus tard les discothèques ont toujours profité de cette parenthèse.
Le libertinage aussi.
Libertinage : l’art de changer d’orbite
Une soirée libertine n’abolit évidemment ni les règles ni les limites. Au contraire : consentement, respect et liberté de chacun restent le centre de gravité.
Mais autour de ce centre, les trajectoires peuvent devenir beaucoup plus intéressantes.
On peut venir en couple et rencontrer d’autres univers. Danser sans rien chercher. Regarder. Être regardé. Flirter. Explorer une envie. En découvrir une autre. Ou simplement profiter de cette sensation assez rare d’être entouré d’adultes qui ont décidé, pour quelques heures, de laisser leurs jugements au vestiaire.
Finalement, la pleine lune ne provoque peut-être rien.
Elle nous fournit simplement un excellent alibi.
FULL MOON
Ce samedi, la Lune sera donc notre complice.
Et puisque La Galerie aime prendre les métaphores un peu trop au sérieux, le Lunarium sera accessible toute la nuit : un endroit pour contempler la Lune… et, comme le promet joliment le programme, quelques astres en orbite beaucoup plus rapprochée.
Alors, la pleine lune influence-t-elle réellement nos comportements ?
Nous n’en savons rien.
Mais samedi soir, nous comptons mener l’expérience dans des conditions particulièrement favorables.
FULL MOON — samedi 26 septembre, de 22h à 5h.
La Galerie Art de Nuit — Class et Inclassable.






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