Color Connect
Nos désirs ne sont pas en noir et blanc
Avant même de parler, nous communiquons déjà en couleurs.
Le noir rassure ou intrigue. Le rouge attire l’œil. Le blanc prétend à l’innocence. Le rose s’est retrouvé associé au féminin, le bleu au masculin. Et il suffit parfois de changer la couleur d’une robe, d’un rouge à lèvres ou d’une lumière pour transformer complètement notre perception d’une personne.
Pourtant, rien de tout cela n’est aussi naturel qu’on pourrait le croire.
Les couleurs ont une histoire. Et, comme nos mœurs, elles changent constamment de signification.
Quand la couleur était un luxe
Pendant des siècles, certaines couleurs ont coûté une fortune.
Le pourpre antique, obtenu notamment à partir de mollusques méditerranéens, nécessitait un travail considérable. Il devient logiquement associé au pouvoir et aux élites. Le bleu outremer, fabriqué à partir du lapis-lazuli importé d’Asie, fut si précieux en Europe que les peintres le réservaient aux parties importantes de leurs tableaux.
Porter ou utiliser une couleur pouvait donc dire quelque chose de votre richesse, de votre rang ou de votre importance.
Puis la chimie industrielle du XIXe siècle bouleverse tout. Les pigments synthétiques démocratisent progressivement des couleurs autrefois rares.
La couleur descend des palais.
Et commence sérieusement à s’amuser.
Quand les artistes libèrent la couleur
Les artistes vont évidemment participer au désordre.
Les impressionnistes comprennent que les ombres ne sont pas simplement grises. Van Gogh fait exploser les jaunes. Matisse et les Fauves décident qu’un visage peut parfaitement devenir vert si cela sert le tableau.
Puis Yves Klein ira jusqu’à faire d’un bleu intense une signature artistique.
À partir de là, la couleur n’a plus besoin d’imiter la réalité.
Elle peut exprimer une émotion, provoquer, séduire, déranger.
Elle devient libre.
Et cette liberté ressemble étrangement à celle que nous avons progressivement revendiquée pour nos corps.
Rose pour les filles, bleu pour les garçons ? Pas si simple.
Nos codes vestimentaires semblent parfois tellement évidents qu’on oublie qu’ils sont largement culturels.
Le rose n’a pas toujours été considéré comme féminin et le bleu comme masculin. Ces associations se sont surtout rigidifiées au cours du XXe siècle sous l’influence de la mode, du commerce et de la culture populaire.
Même chose pour le noir.
Couleur du deuil dans certains contextes, il devient avec la mode moderne celle de l’élégance, du pouvoir, du mystère et parfois de l’érotisme.
Le rouge peut évoquer simultanément l’amour, le danger, la passion, l’interdit et le pouvoir.
Finalement, une couleur ne possède pas un sens.
Nous lui en donnons un.
Et la sexualité dans tout ça ?
Elle aussi adore les couleurs.
Le rouge des lèvres et des bas. Le noir de la lingerie. Le blanc faussement innocent. Les néons des clubs. Le cuir sombre. Les lumières tamisées qui transforment les silhouettes et rendent les frontières un peu moins nettes.
Mais la sexualité contemporaine s’est également approprié la couleur comme langage identitaire et comme revendication de liberté. Le meilleur exemple reste probablement l’arc-en-ciel : une succession de couleurs devenue symbole international de diversité sexuelle et affective.
Ce n’est finalement pas un hasard.
La couleur permet précisément de sortir du binaire.
Elle autorise les nuances.
Le libertinage préfère les nuances
De l’extérieur, le libertinage est parfois imaginé de manière assez simple : on pratique ou on ne pratique pas, on est sage ou audacieux, exclusif ou libre.
La réalité est infiniment plus colorée.
Il existe autant de façons de vivre une sexualité libre qu’il existe de personnes pour l’inventer.
On peut aimer regarder sans participer. Séduire sans aller plus loin. Partager certains désirs et en garder d’autres exclusivement pour son couple. Être très libre un soir et n’avoir envie que de danser le suivant.
Le consentement lui-même n’est pas une couleur définitive : un oui à un instant précis n’est jamais un oui permanent.
La liberté sexuelle n’efface donc pas les limites.
Elle permet à chacun de choisir les siennes.
LA COULEUR
Cette semaine, La Galerie abandonne donc momentanément le noir et blanc.
Dans la nuit vos bracelets lumineux brillent comme des lucioles avant l’accouplement et vous attendent à l’entrée en fonction de la température de vos envies… mais toujours sans se bruler, soit :
BLEU : ambiantistes c’est froid pour les petits bleus en quête de nouvelles sensations improbable
JAUNE : côte-à-côtistes c’est tiède pour ceux qui aime voir sans toucher
VERT : mélangistes c’est déjà chaud pour ces futurs libertins certifiés
ROUGE : échangistes c’est bouillant pour ceux qui savent… sans se brûler!:
La nuit, la femelle émet une lumière de couleur et se transforme en nymphette d’où émergera une coquine assumée.
Parce que l’art nous l’a appris : les choses deviennent souvent beaucoup plus intéressantes lorsqu’on cesse de vouloir les faire entrer dans une seule case.
Pour les couleurs comme pour les désirs, nous avons décidément une préférence pour les nuances.
Bienvenue à La Couleur.
La Galerie Art de Nuit — Class et Inclassable.






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